LACTEUR16

#16 - Juillet 2017

LE DOSSIER

PARCOURS D’HOMMES ET DE MÉTIERS : FAIRE DIFFÉREMMENT

ÉDITO P. 3

LE DOSSIER P. 4 à 17 Parcours d’hommes et de métiers : faire différemment

REPORTAGE P.18 et 19 Des expériences complémentaires

LA VIE DES RÉGIONS P. 20 et 21

REPÈRES P. 22 à 24 Whitewave et SIA 2017

PARLONS-EN ! P. 25 Objectif : 0 accident !

VIE DES USINES P. 26 et 27

Lacteur, le magazine des producteurs de lait

édité par Danone Produits Frais France, 150 Boulevard Victor Hugo – 93589 Saint-Ouen Cedex Revue semestrielle, 2900 exemplaires Rédactrice en chef : Noëlle Poisson - Directrice de la publication : Sophie Godet-Morisseau - Coordinatrice de rédaction : Salima Mejjaoui Correspondants régionaux : Anne Benoît, Josiane Dumarest, Frédérick Sanchis, Simon Rey Rédacteurs externes : Agence Appaloosa - Crédits photos : Danone, Appaloosa, Fotolia, Studio des deux prairies Conception-réalisation : Agence Appaloosa ISSN : 2426-1025 - Dépôt légal : juillet 2017 Retrouvez-nous sur

www.danone-lait.com 2

# LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017

L’ÉDITO

La diversité est une source de richesse Le monde du vivant est riche de diversité, une perpétuelle recherche de solutions et d’adaptations est incontournable à son développement. Nous faisons ce constat dans nos activités au quotidien, que cela soit dans nos usines comme dans vos exploitations. Satisfaire des attentes clients et consommateurs qui évoluent, savoir être agile et flexible sur des marchés où la compétition s’accroît font partie de nos enjeux communs. La diversité de nos parcours, de nos métiers, de nos profils et des générations riches de compétences complémentaires est un atout pour construire ensemble des solutions performantes et pérennes. C’est notre conviction !

Nous allons continuer à cultiver cette diversité, au service des activités de demain en apportant des réponses concrètes aux enjeux sociétaux et environnementaux. Renforcer le lien avec le consommateur-citoyen, être chacun ambassadeur de nos métiers sont les clés du succès de demain.

Sophie Godet-Morisseau, Directrice Lait

Favorables à la diversité des agricultures, nous construisons des solutions durables spécifiques à chaque territoire et co-construites avec vous et vos représentants. C’est dans cet esprit que nous nous engageons à vos côtés dans la démarche Ferme Laitière Bas Carbone en cherchant les leviers de réduction d’empreinte carbone adaptés pour chaque exploitation laitière.

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LE DOSSIER François Purseigle, Professeur des Universités en sociologie agricole à l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse

Éleveur, un choix de vie François Purseigle est Professeur des Universités en sociologie agricole à l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse. Spécialisé en sociologie agricole, il porte un regard expert sur les dernières grandes évolutions du métier d’éleveur. Quelles sont les évolutions majeures du monde agricole ces 30 dernières années ? En 30 ans, le monde agricole français s’est adapté au gré des évolutions sociétales et des politiques agricoles. En Europe, le nombre d’actifs agricoles a fortement baissé. Cette diminution est due à un ratio négatif entre le nombre de départs de la profession et le nombre d’installations. Cette difficulté du renouvellement des générations s’accompagne d’un vieillissement de la population agricole. En effet, seuls 20 % des agriculteurs ont moins de 40 ans alors que près d’un exploitant sur deux a plus de 50 ans. Quel est impact sur le profil des nouveaux exploitants ? Les jeunes agriculteurs restent majoritairement des fils d’agriculteurs. Même si 30 % s’installent hors cadre, beaucoup d’entre eux ont des racines agricoles. En revanche, et c’est une grande différence par rapport aux générations précédentes, l’installation de ces jeunes est un choix de vie. Il y a 30 ans, on reprenait l’exploitation par obligation familiale. Aujourd’hui, le métier d’agriculteur est une étape dans une carrière. Ainsi, la plupart ont déjà connu une expérience professionnelle avant de s’installer. Autre fait marquant, on constate une féminisation de la profession. Les femmes représentent 30 % des actifs.

Qu’est-ce qui attire les jeunes agriculteurs dans l’élevage ? Les filières d’élevage semblent assez attractives pour les jeunes agriculteurs. En effet, la plus grande partie d’entre eux s’installe dans les bassins d’élevage à savoir l’Ouest et le Massif Central. Ces futurs éleveurs sont conscients des contraintes que présente le métier. Leur installation est donc mûrement réfléchie, préparée et leur motivation n’en est que plus forte. C’est un atout pour la filière. De plus, de véritables efforts ont été réalisés par les filières d’élevage pour rester attractives auprès des futurs installés. Mécanisation, automatisation mais aussi délégation d’activités et mutualisation des outils de production sont autant d’innovations et de services qui permettent de conjuguer performances et confort de travail. Existe-t-il un profil type d’exploitation ? Jusque dans les années 80, le modèle polyculture élevage prédominait. Depuis, les exploitations et les bassins de production se sont spécialisés, ce qui entraîne une modification profonde de la conception du métier. Donc, non, il n’existe pas de profil ni d’exploitations types même dans la filière laitière. Il est possible de rencontrer aussi bien un patron de PME connecté au marché qu’un artisan qui transforme son lait. Chacun aura des attentes bien différentes. Modèles économiques, choix de vie, historique, les exploitations sont très diverses ce qui rend l’accompagnement des producteurs plus complexe. Existe-t-il des attentes communes ? Oui. Les nouveaux installés recherchent une qualité de vie qui se rapproche de celle des autres catégories socioprofessionnelles. C’est d’autant plus vrai que les conjoints

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LE DOSSIER

travaillent souvent à l’extérieur et ne sont pas toujours issus du milieu agricole. Cette ouverture aux autres secteurs professionnels est très positive. En contrepartie, l’agriculteur veut pouvoir concilier vie professionnelle et vie personnelle. Autre attente de la jeune génération : la gestion des incertitudes. Ils sont à la recherche d’outils pour anticiper les controverses qui bouleversent leur métier, se projeter dans les filières, comprendre l’évolution du monde et rompre l’isolement. C’est pour ces raisons qu’ils sont de plus en plus connectés.

Les éleveurs sont-ils préparés aux évolutions de leur métier ? Il faut savoir que la population agricole est l’une des mieux formées de France : 34 % des chefs d’entreprise agricole de moins de 40 ans ont suivi une formation supérieure. En général, on assiste à une montée en compétences des jeunes agriculteurs qui sont amenés à gérer des salariés, à déléguer certaines tâches et à créer des partenariats avec d’autres acteurs du secteur. Les organismes de formation relèvent ce challenge et s’adaptent constamment à ces nouveaux enjeux.

Quels sont les grands défis de la filière laitière française de demain ? Organisation, mutualisation des outils, financement des activités, valorisation des produits… La filière laitière française dispose de nombreuses ressources. Sur le plan national, le plus grand défi des éleveurs sera d’anticiper les normes environnementales et commerciales mais également de repenser les formes d’organisation du travail. Le management de nouveaux actifs agricoles non familiaux, l’introduction de nouveaux outils de gestion et d’aide à la décision constituent des enjeux majeurs. Enfin, à l’international, je pense qu’il faut jouer la carte de l’ouverture au monde et à l’Europe. Il faut en faire des atouts, des alliés et malgré les crises qui pourraient encore subvenir, conserver cette ambition internationale.

"La plupart des jeunes installés ont déjà connu une expérience professionnelle."

L’agriculteur veut pouvoir concilier vie personnelle et vie professionnelle. Ici, Marie-Hélène Dewaele du Gaec des Tilleuls, dans le Nord.

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LE DOSSIER

Saisir les opportunités pour progresser

Depuis 10 ans, Anne-Sophie Ansel travaille avec son ami d’enfance à Lingèvres dans le Calvados. Ensemble, ils espèrent inscrire leur exploitation dans la modernité et la durabilité.

A

nne-Sophie Ansel est installée depuis 10 ans sur l’ancienne exploitation familiale. Un projet de longue date qu’elle a réalisé avec son ami d’enfance, Yann Profichet. ”Je ne voulais pas m’installer seule. En plus d’un appui moral, un associé permet de se réserver du temps”. Yann Profichet n’est pas issu du milieu, qu’importe ! Il connaît très bien l’exploitation qu’il venait régulièrement visiter enfant. Les parents des deux associés se sont beaucoup investis pour permettre leur installation : ”Mon père voulait installer des jeunes. Il souhaitait que nous bénéficiions des mêmes conditions d’installation. C’est vraiment une aventure familiale”.

Méthodes culturales durables et travail organisé

Les chantiers ont été nombreux pour les deux jeunes agriculteurs. Historiquement, l’élevage ne produisait aucune génisse. Il a fallu du temps pour y remédier. Non-labour et technique du bas volume* : les deux associés ont également privilégié des méthodes culturales durables. À terme, ils souhaitent augmenter le pâturage. “Avec mon associé, nous avons la même vision du métier. Notre fonctionnement est basé sur la communication et le partage des tâches” souligne l’éleveuse. “Nous avons tous les deux de jeunes enfants. Nous travaillons un week-end sur deux pour réserver du temps à nos familles. C’est indispensable à notre équilibre personnel”. Anne-Sophie Ansel et Yann Profichet : ”l’adaptabilité, c’est l’ADN de notre métier”

Maîtrise de la gestion

Être une femme n’a jamais été un frein pour s’installer : “Il est vrai que certains ont pu être surpris : entre mon diplôme universitaire en gestion agricole et mon statut de femme, ils n’imaginaient pas que je m’installe”. Peu importe, pour Anne-Sophie Ansel, être agricultrice, c’est avant tout un état d’esprit. “Pour moi, il n’y a aucune différence entre un homme et une femme. Un peu plus de rigueur peut-être ?” plaisante-t-elle. “Toutes les femmes peuvent s’installer ! On peut toujours adapter le travail à sa condition physique. Ce qui compte, c’est d’avoir l’esprit d’entreprise”. Pour cela, l’éleveuse conseille d’aller à la rencontre d’autres éleveurs pour échanger, d’accumuler un maximum d’expériences et surtout de se former. “La technique ne sera pas suffisante pour assurer la viabilité de nos exploitations. La maîtrise de la gestion est primordiale : nous sommes avant tout des chefs d’entreprise”.

Renouveler les générations

Anne-Sophie Ansel et Yann Profichet sont conscients des grands enjeux auxquels ils seront bientôt confrontés. “Il faut rendre notre profession plus attractive pour les jeunes”. Formation, confort de travail, respect de la vie familiale, environnement sont autant de thèmes qui seront facteurs de réussite pour assurer le renouvellement des générations. Un autre grand chantier lui tient à cœur : la communication positive auprès du grand public. “Nous devons nous réapproprier l’image de notre métier auprès des consommateurs. D’ailleurs, mieux vaut anticiper leurs attentes que les subir !” Exemple concret, le Gaec de la Bertinière s’est engagé à évaluer son empreinte environnementale via l’audit Cap’2ER. “Les consommateurs sont en attente de méthodes de production plus respectueuses de l’environnement” justifie-t-elle. “Nous ne le vivons pas comme une contrainte mais comme une opportunité de progrès. L’adaptabilité, c’est l’ADN de notre métier”. * t echnique permettant de raisonner et d’optimiser les traitements culturaux

Gaec de la Bertinière • Anne-Sophie Ansel et Yann Profichet • 572 000 litres de lait • 135 hectares

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LE DOSSIER

La famille Lassalle : ”Les gens sont réceptifs à nos interventions”

Gaec aux Pis de By • André, Rémi et Agathe Lassalle • 900 000 litres de lait • 110 vaches laitières • 270 hectares • Atelier de taurillons

Communiquer pour rapprocher producteurs et consommateurs

Faire découvrir la réalité du métier d’éleveur : un enjeu crucial auquel s’emploient André, Rémi et Agathe Lassalle qui témoignent quotidiennement de leur vie à la ferme au grand public en Isère.

A

ndré Lassalle s’est installé en 1988 après un métier de salarié. Partenaire historique de Danone, il s’emploie depuis à produire un lait de qualité en quantité régulière toute l’année. ”On ne peut pas produire sans considérer le besoin de ses clients. Au Gaec, nous partageons l’exigence de Danone sur la qualité car c’est une attente forte du consommateur ”.

quer son métier aux enfants. “J’adore cette activité. Voir l’émerveillement dans les yeux des enfants et l’enthousiasme des professeurs, c’est une belle récompense”. Le producteur intervient également sur des salons professionnels et agricoles. Pour affiner ses arguments auprès des adultes, il a suivi une formation pour valoriser au mieux son métier : “Ça m’a beaucoup aidé à tenir un discours audible auprès des visiteurs”.

Rester dans la société

Facebook et Twitter

Trente ans plus tard, cet éleveur passionné constate le fossé toujours grandissant qui s’est creusé entre le monde agricole et le grand public : “Je suis attristé de constater que le grand public ne connaît nos métiers qu’à travers les médias” constate-t-il. “L’écart social avec les autres catégories socioprofessionnelles s’est accentué. Nos rythmes de vie sont à l’opposé, ce qui peut pousser certains agriculteurs à l’isolement. Or, si nous voulons communiquer positivement sur notre métier, nous ne devons pas nous couper de la société”.

Se former pour communiquer

Fort de ce constat, sa femme et lui ont ouvert les portes de leur exploitation aux écoles pendant plus de 5 ans. “Nous voulions rétablir l’image de notre métier et quels meilleurs ambassadeurs que les enfants ?”. Les producteurs accueilleront près de 5 000 écoliers et collégiens sur cette période. Éleveur témoin du réseau CRIEL* Sud Est, André Lassalle continue d’intervenir dans les écoles. Il s’appuie sur des supports ludiques créés par le CRIEL pour expli-

Son fils et sa belle-fille, Rémi et Agathe Lassalle prennent doucement le relais de la communication de l’exploitation. Adeptes des réseaux sociaux, ils communiquent via Facebook et Twitter. “Je fais environ 2 posts par semaine sur la vie à la ferme. Rien de technique : je veux que cela reste ludique !” explique Agathe Lassalle. “Par exemple, nous demandons aux internautes de trouver des noms pour nos génisses. Les gens sont très réceptifs. Quelque part, ils s’impliquent dans la vie de la ferme”. Le Gaec aux Pis de By est suivi par la famille mais aussi par d’autres agriculteurs de la France entière. Les éleveurs sont amenés à échanger des points de vue différents sur les réseaux sociaux. “Sur internet aussi, on constate ce décalage entre consommateurs et producteurs !”. Pour aller plus loin et continuer à progresser, ils ont demandé à suivre la même formation qu’André Lassalle, leur souhait étant d’engager un échange constructif et une communication positive avec les consommateurs.

*C  omité régional interprofessionnel de l’économie laitière

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LE DOSSIER Katrine Lecornu, Présidente du conseil d’administration de l’association European Dairy Farmers

Échanger grâce

aux réseaux européens Katrine Lecornu est éleveuse depuis 30 ans en Normandie. Norvégienne d’origine, elle cultive son appartenance européenne en tant que Présidente du conseil d’administration de l’association European Dairy Farmers. Elle nous livre quelques idées sur les changements et les défis du métier d’éleveur en Europe.

Au sein d’European Dairy Farmers (EDF), comment échangez-vous avec vos collègues européens ? L’Europe compte une grande diversité de systèmes. Dans notre groupe lait, l’échange est mené autour de nos expériences combiné à une comparaison des coûts de production à travers un outil conçu par EDF. L’objectif est de dégager les points communs entre les fermes qui allient bonnes pratiques et rentabilité et s’en inspirer pour trouver des pistes d’amélioration pour nos propres exploitations. Chaque agriculteur européen connaît également ses propres contraintes, que ce soit le coût de la main-d’œuvre (30  € brut/h en Scandinavie), le coût du foncier (60  000  €/ha en Irlande, plus de 100 000  €/ha en Italie), ou les contraintes environnementales (quota phosphates aux Pays Bas ou 100% aliments non-OGM en Suède). Or, nous nous apercevons que quel que soit le pays, le système de production, les contraintes spécifiques ou le niveau du prix du lait, les éleveurs les plus performants dégagent une rentabilité similaire par kg de lait. Un de nos indicateurs clé d’une bonne rentabilité est le niveau de prix d’équilibre qui permet de rémunérer tous les facteurs de production. Les expériences de nos collègues européens nous permettent de comprendre quels leviers ils ont utilisés pour élaborer une stratégie cohérente, pour nous en inspirer.

Vous faites partie d’EDF depuis 1999. Le métier d’éleveur a-t-il évolué en Europe? Oui, j’ai l’impression que le changement d’orientation de la Politique Agricole Commune, amorcé en 2005, a nécessité une modification de nos compétences en tant qu’éleveurs-entrepreneurs. Dans un système de prix stables régulé par des quotas de volume, les fermes les plus performantes étaient celles qui avaient la meilleure technicité et productivité. Aujourd’hui, dans un contexte économique volatil et une politique européenne de dérégulation, le facteur clé de réussite pour un éleveur n’est plus fondé sur ses compétences technico-économiques, mais sur la gestion globale de son entreprise. Même dans une ferme de petite taille (moins de 90 vaches pour EDF), il ne suffit pas d’être un bon éleveur. Il faut aussi bien gérer les investissements, la trésorerie et la main-d’œuvre. Une bonne stratégie va dépendre de notre capacité à lier les compétences du bon éleveur, avec celles du bon chef d’entreprise. La cohérence économique viendra de la faculté à utiliser au maximum le potentiel et les points forts que nous avons (sol, météo, animal, infrastructure, attentes du marché, capitaux, etc.), tout en minimisant les risques et les points faibles (problèmes de main-d’œuvre, volatilité, risques sanitaires, réglementations et contraintes externes, manque

European Dairy Farmers European Dairy Farmers regroupe 500 éleveurs européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Suède). Asso­ ciation indépendante, c’est une plateforme d’échanges entre producteurs, scientifiques et entreprises et acteurs de la filière laitière européenne.

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Les producteurs européens adhérents à European Dairy Farmers se rencontrent régulièrement pour échanger sur leurs pratiques

de compétitivité, zone de déprise laitière, etc.). Le résultat de ce changement est que l’éleveur de demain passera plus de temps dans son bureau, et déléguera plus de temps dans la salle de traite ou sur son tracteur. Quels sont les atouts des producteurs français ? En France, il y a une plus grande variété de systèmes de production et nous n’avons que très peu de grandes fermes, comparé à nos voisins. Il y a des producteurs tournés vers des marchés locaux, d’autres vers les marchés mondiaux. Certains produisent de la matière première pour l’industrie laitière, d’autres cherchent la valeur ajoutée à travers les AOP ou les chartes spécifiques (lait bio, lait non-OGM, lait de montagne, lait au foin/herbe). Nous défendons fièrement des races laitières différentes. Cette diversité peut être difficile à gérer au niveau national, mais elle représente à mes yeux la richesse de la « biodiversité » de notre filière laitière et celle du « champ des possibles » pour nous en tant qu’éleveurs. Nous bénéficions d’un patrimoine gastronomique reconnu dans le monde, et ce qui aujourd’hui définit notre manque de compétitivité (taille des structures, manque de productivité, cadre de production régulé) peut se transformer en opportunités de demain (agriculture familiale, rôle rural, paysager et social de l’agriculture). Les consommateurs et les citoyens ont des attentes fortes et nous devons apprendre à les écouter et à nous adapter à leur demande. Le lait n’est pas que de l’eau avec de la matière grasse, des protéines, des vitamines et des minéraux. Le lait véhicule aussi des valeurs liées aux paysages, aux choix de races et de systèmes fourragers, de mode de vie, à la protection de l’environnement et au bien être animal. Quel est l’impact de la fin des quotas laitiers ? Depuis l’arrêt des quotas, nous avons perdu nos repères. Tout comme nos voisins, les fermes françaises sont soumises au marché mondial et à la politique libérale européenne. Il devient impératif de raisonner à l’échelle européenne voire mondiale en adaptant notre production à la demande du marché. Nous devons nous adapter à un monde qui change. La première barrière à notre capacité d’adaptation n’est ni technique, ni économique ou politique, elle est psychologique et sociologique et elle réside dans notre résistance aux changements. L’inconnu nous angoisse, et nous doutons de nos capacités à répondre à tous ces défis et aux évolutions de notre métier. La priorité est de retrouver de la confiance et de la fierté, pour que nous devenions responsables de nos décisions et de notre avenir. La formation continue pourrait être une réponse. Aujourd’hui, malgré un panel important de formations techniques, peu se tournent vers le développement personnel, la stratégie d’entreprise et l’approche globale.

Quels sont les autres défis des éleveurs laitiers pour les années à venir? Pour s’adapter aux nouveaux marchés, il nous faudra contrôler notre coût de production. Les éleveurs témoins de notre réseau européen nous ont démontré que nous avons tous des leviers pour réduire le coût de production et améliorer nos résultats. La volatilité est un autre défi, et il est certain qu’un prix du lait plus stable permettrait d’investir plus sereinement. Nous avons échangé autour de l’intérêt de fixer un prix sur plusieurs mois avec les transformateurs comme en Irlande par exemple. Globalement, le prix moyen a été le même pour ceux qui avaient souscrit aux contrats de prix fixes et les autres producteurs, et le vrai bénéfice est d’ordre financier car la gestion de la trésorerie est facilitée. Les Danois sont de plus en plus favorables à la contractualisation du prix du lait pour enlever le facteur de stress ; un éleveur stressé dort mal et il est moins apte à s’occuper de ses vaches ou de ses salariés. Dans ce contexte, quels seront les liens des producteurs laitiers avec les autres acteurs de la filière ? Conserver et cultiver les liens avec l’ensemble des acteurs est un autre enjeu majeur pour renforcer et pérenniser notre filière française. Je suis positive : les consommateurs, et par conséquent les transformateurs et les distributeurs auront toujours besoin de lait. De la même façon, moi, en tant que productrice qui n’a pas envie de vendre en direct, j’aurai toujours besoin d’un transformateur pour valoriser mon lait, d’un distributeur pour le commercialiser et d’un consommateur pour l’acheter. L’avenir de la filière se joue entre ces quatre acteurs et nous devons utiliser notre énergie à proposer des solutions innovantes et intéressantes pour la filière dans son ensemble, au lieu de lutter contre les autres acteurs comme s’ils étaient des adversaires. Nous ne pourrons pas être une force de proposition et de négociation individuellement, et je pense que les éleveurs laitiers en France et en Europe continueront à se regrouper et de s’organiser pour traiter avec nos partenaires à plus grande échelle.

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LE DOSSIER

Gaec des Cimes d’Ossau • Jean-Noël et Jean-Michel Campagne • 670 000 litres de lait • 70 vaches laitières • 43 hectares

Assurer la continuité et se renouveler Éleveurs de père en fils depuis plus d’un demi-siècle, la transmission au sein de la famille Campagne du Gaec des Cimes d’Ossau est assurée depuis l’installation de Jean-Noël Campagne à Asson, dans les Pyrénées Atlantiques. Un passage de témoin qui s’inscrit dans la continuité et la modernité. En 2005, Jean-Noël Campagne est la 3e génération à s’être installé sur l’exploitation familiale créée par son grand-père il y a 54 ans. ”À l’époque, il s’était installé sur 12 hectares de terres. Ce serait impensable aujourd’hui” sourit Jean-Noël. La continuité et la transmission de l’exploitation comme héritage familial sont très importantes pour Jean-Noël Campagne. ”J’ai toujours souhaité rester dans le milieu agricole. C’était important pour moi de pérenniser l’exploitation familiale. L’installation était une évidence de longue date”. Aimer son troupeau BEP et Bac Pro, le futur éleveur se forme dans cet objectif et enchaîne les stages : ”Plus que l’école, c’est le terrain le plus formateur. On apprend le métier tous les jours” souligne-t-il. Diplômes en poche, il aide son père sur la ferme avant de s’installer définitivement en 2005. Déjà habitués à travailler de concert, l’arrivée officielle de Jean-Noël Campagne sur l’exploitation s’en trouve facilitée. ”En plus du travail technique sur la ferme, j’ai appris de mon père

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la patience et l’investissement dans mon métier”. Car le producteur prévient tout nouveau venu dans le métier : devenir éleveur demande de la pugnacité : ”On travaille beaucoup, c’est obligé pour y arriver. Il faut aussi aimer son troupeau et le contact animal”. L’éleveur a fortement apprécié s’installer au sein d’une structure existante. ”S’installer seul, c’est risqué. Un associé permet aussi de se dégager du temps pour les loisirs et la famille. Nos parents ne partaient jamais en vacances, ce n’est plus le cas aujourd’hui”. Préparer la transition À son installation, Jean-Noël Campagne a conservé les méthodes de travail des deux générations précédentes : ”Sous l’impulsion de mon père et de mon grand-père, l’exploitation s’est développée en même temps que le contexte laitier. Je suis dans la continuité : les méthodes de travail de mon père et mon grand-père me conviennent”. En revanche, son arrivée a beaucoup bénéficié à l’outil de production. ”Mon père et mon grand-père ont eu des conditions de travail difficiles avec nos anciennes installations situées en extérieur” admet-il. ”Or, j’ai toujours en tête qu’un jour, je serai seul à la tête de l’exploitation. Il fallait adapter les installations de l’exploitation pour préparer cette transition. Cela me permettra de gagner en productivité pour assurer seul un volume produit identique à aujourd’hui”. Jean-Noël et Jean-Michel Campagne construisent un nouveau bâtiment pour les vaches et adaptent leur salle de traite pour absorber le volume de production laitière obtenue par le jeune installé. Les futurs projets sont également réfléchis pour permettre à une personne seule de travailler sur l’exploitation. ”Le troupeau a aussi beaucoup profité de ces aménagements. Les vaches ont gagné beaucoup de confort. On peut dire qu’elles nous le rendent bien car elles sont plus productives”. Les investissements se sont poursuivis avec l’arrivée du nouveau tank à lait adapté à la collecte 72 heures instaurée par Danone. ”Nous avons également réaménagé et sécurisé les accès pour faciliter le passage du camion”. Seul à la tête de la ferme d’ici quelques années, Jean-Noël Campagne espère que les crises s’espaceront pour achever cette transmission inter-générationnelle dans la sérénité.

LE DOSSIER

Être multicompétent Marie-Hélène Dewaele a repris l’exploitation familiale à Cassel dans le Nord, avec son mari. Le couple a adapté l’exploitation pour gagner en productivité mais aussi pour passer plus de temps en famille. Marie-Hélène Dewaele a repris seule l’exploitation de ses parents en 2008. “J’ai toujours été attirée par le métier d’agricultrice et par la production laitière plus spécifiquement” explique l’agricultrice. “C’est un métier contraignant mais l’organisation est souple ce qui permet de concilier sa vie professionnelle avec sa vie de famille”. Arnaud Dewaele, son mari, l’a rejoint en 2015. Un métier multicompétences Bien que la transmission soit familiale, la productrice a fixé un cap stratégique différent de celui de ses parents : “Les époques sont différentes et notre génération doit s’adapter à une administration plus lourde et à un prix du lait plus volatil. Il faut être plus productifs” explique-t-elle. “Nos installations successives ont donc été l’occasion d’augmenter la taille du cheptel et de nous diversifier. L’arrivée d’Arnaud sur l’exploitation nous a permis de monter un atelier de poules pondeuses”. Sur l’atelier bovin, la productivité du cheptel et la réduction des coûts alimentaires sont ses chevaux de bataille. D’ailleurs, Marie-Hélène Dewaele n’hésite pas à solliciter des avis extérieurs qui l’aiguillent dans ses choix de conduite. Le Contrôle Laitier est ainsi devenu un acteur incontournable de l’exploitation. “Agriculteur, c’est un métier multicompétences or on ne peut pas être expert dans tous les domaines. Il faut savoir tisser des liens avec les spécialistes qui nous entourent : technicien mais aussi banquier et comptable”.

Partenariat de qualité Partenaire Danone, le couple partage avec l’entreprise les mêmes exigences de qualité du lait que l’entreprise : “Un lait de qualité, c’est obligatoire pour obtenir des produits de bonne qualité”. L’agrandissement de l’exploitation a aussi été l’occasion d’aménager les abords de l’exploitation conformément aux engagements. “La nouvelle cuve permet de tenir 72 heures entre chaque collecte. Nous avons également installé un lavabo pour permettre au laitier de se laver les mains et des lumières extérieures pour les manœuvres de nuit”. Confort de travail Tous les futurs projets du couple ont pour objectif d’améliorer le confort de travail et la productivité du troupeau pour passer plus de temps en famille. “Arnaud vient de s’installer et nous cherchons encore notre rythme de croisière.” Les deux producteurs sont sensibles aux enjeux de leur filière : ”Nous avons déjà réalisé un bilan de l’empreinte carbone de notre exploitation. À terme, pourquoi ne pas aller plus loin dans cette démarche ?”. Encore jeunes, aucun des deux ne pense pour le moment à la reprise… quoique ! “La transmission, c’est loin. Mais, au fond de nous, nous serions très heureux qu’un de nos enfants reprenne après nous. Transmettre la ferme à une génération supplémentaire, quelle belle aventure ! En tout cas, chaque investissement sur la ferme est réfléchi pour nos enfants”.

La famille Dewaele : ”Nous aimerions transmettre l’exploitation à nos enfants”

Gaec des Tilleuls • Marie-Hélène et Arnaud Dewaele • 420 000 litres de lait • 45 vaches laitières • 18 000 poules de reproduction • 56 hectares : maïs, blé, lin et pois

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LE DOSSIER

La relation avec les producteurs évolue, Danone s’adapte pour mieux les accompagner

Dans un contexte de changement de la filière laitière, l’équipe relation producteurs fait évoluer au niveau national son accompagnement des producteurs de lait. Exemple dans le Sud Ouest. La fin des quotas a marqué le passage d’une régulation publique à une régulation privée au sein de la filière laitière, avec la mise en place d’une nouvelle relation commerciale entre les acteurs. Les producteurs se sont rassemblés en Organisation de producteurs (OP) pour négocier avec leur partenaire Danone. Pour les responsables d’OP, ce sont de nouvelles responsabilités qui s’ajoutent à leur métier d’éleveur. Ils ont la charge de définir un cadre contractuel avec Danone qui doit répondre aux attentes d’un ensemble d’exploitations pourtant très diverses. Les enjeux sont importants et une véritable expertise commerciale est nécessaire pour relever les défis de cette nouvelle relation contractuelle avec les éleveurs. Ces derniers sont quant à eux demandeurs de stabilité sur les prix et travaillent sur la productivité de leur outil de production. Référents sur le terrain Ces nouveaux besoins ont incité l’équipe relations producteurs Sud Ouest à redéfinir les rôles de chacun. ”La relation avec les producteurs évolue, Danone s’adapte”. Le leitmotiv de l’équipe Sud Ouest montre

toute l’adaptation dont ses membres ont su faire preuve depuis un an. Au sein de cette équipe, chacun s’est spécialisé pour répondre aux attentes des producteurs en termes d’accompagnement. Ainsi, une partie de l’équipe s’est recentrée sur l’audit qualité, sécurité et environnement. À ce titre, l’auditeur intervient exclusivement sur l’exploitation tous les deux ans pour vérifier la conformité des exploitations avec le cahier des charges de l’entreprise. En spécialisant ses collaborateurs, Danone souhaite garantir un lait durable de qualité. Le chef de secteur lait (CSL) est l’interlocuteur commercial de Danone auprès du producteur. À l’échelle individuelle des exploitations, il s’assure du respect des engagements du contrat-cadre conclu avec l’OP. Il est également amené à travailler sur des sujets précis avec l’OP comme les volumes, le prix, l’environnement. Enfin, il représente l’entreprise au sein de l’écosystème laitier local. Relation partenariale durable À l’échelle de l’OP, le CSL travaille de concert avec le Responsable Relation Producteurs (RRP) sur les évolutions contractuelles. Dans la région Sud Ouest, un travail de fond a été mené pour définir une vision commune : sécurisation de l’approvisionnement en lait, stabilité du prix du lait, compétitivité des exploitations au niveau local ou encore la prise en compte des spécificités des cinq territoires de la zone. Cette redéfinition des rôles de chacun au sein de l’équipe Danone a été bénéfique à la relation qu’entretient l’entreprise avec ses fournisseurs. Près d’un an après, les remontées terrain sont d’ailleurs positives grâce aux nouvelles compétences déployées par l’équipe autant à l’échelle des exploitations que de celle de l’OP. ”Cette redistribution des rôles va dans la continuité de ce qu’entreprend Danone depuis plusieurs décennies  : accompagner et construire avec nos fournisseurs de lait”.

Les producteurs ont deux interlocuteurs : l’auditeur et le chef de secteur lait.

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# LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017

LE DOSSIER

Équipe Danone : à chacun son expertise Retour sur les rôles et missions de l’équipe Sud Ouest.

Les missions de l’équipe Sud-Ouest ont évolué

Lucien Lahore Responsable Relation Producteurs Se rencontrer régulièrement pour dialoguer En plus de son rôle de manager de l’équipe Sud Ouest, Lucien Lahore s’assure de la pérennité des relations avec les interlocuteurs de l’OP locale. ”Si nous voulons construire dans la durée, il nous faut discuter régulièrement et directement des attentes de chacun”. Lucien Lahore rencontre tous les mois les responsables d’OP. Volume, prix, qualité, environnement ensemble, ils abordent tous les points contractuels et s’accordent sur des principes directeurs qui conviennent aux deux parties ”Les Chefs de secteur de lait nous remontent régulièrement le ressenti des producteurs sur les accords passés. Cela nous permet de valider une approche commune entre l’OP et Danone” explique-t-il. ”Ces rencontres sont la base d’une relation durable, même si nous ne sommes pas toujours d’accord. Se rencontrer, exposer les contraintes et les attentes de chacun, valider des fondamentaux permet à chacun d’obtenir des accords constructifs et durables”.

Kim Archambault et Thomas Ardiet Chefs de secteur lait Des relais commerciaux auprès des producteurs Kim Archambault et Thomas Ardiet sont les référents commerciaux des producteurs : ”Qualité, facturation... Nous échangeons tous les jours avec les producteurs”. Les deux CSL accompagnent les producteurs dans le suivi des engagements de volume et de qualité pris par l’OP. Ils orientent les producteurs vers les experts locaux capables de les accompagner sur diverses problématiques : Banque, Comptables, Chambre d’agriculture. ”L’ancrage territorial est très important pour Danone” insiste Thomas Ardiet. Pour les deux collègues,

la répartition des rôles au sein de l’équipe, c’est aussi plus de temps pour accompagner les producteurs sur les enjeux de qualité et de compétitivité. ”Par exemple, nous travaillons à identifier et à diffuser les bonnes pratiques des élevages les plus performants vers l’ensemble des producteurs” explique Kim Archambault ”Enfin, nous sommes là pour expliquer et susciter l’adhésion des producteurs aux grands enjeux de la filière comme la diminution de l’empreinte carbone”.

Anne Benoît Auditrice Garante de la qualité de la matière première Le rôle d’Anne Benoît est clé au sein de l’équipe. ”Danone fabrique des produits de qualité et la matière première utilisée doit être à la hauteur de l’exigence de nos clients. Danone a d’ailleurs toujours été précurseur sur les procédures qualité. Par exemple, nous sommes les seuls à assurer une traçabilité alimentaire et sanitaire de l’ensemble des intrants en élevage”. Elle est garante du respect de la Charte Qualité Danone. À ce titre, Anne audite les exploitations partenaires. Les demandes sociétales sont croissantes : les producteurs et la filière doivent rassurer le consommateur sur leurs pratiques ”Notre cahier des charges évolue car nous intégrons cette composante dans nos exigences. C’est pour cela que la spécialisation de l’auditeur me semble indispensable. Elle va nous permettre de consacrer plus de temps à l’audit et aux plans d’actions que nous élaborons avec nos fournisseurs. De plus, nous allons pouvoir homogénéiser nos pratiques d’évaluation entre auditeurs”.

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LE DOSSIER

Bases logistiques Danone

S’adapter en permanence aux demandes clients Les 8 bases logistiques Danone sont au cœur du dispositif de commercialisation de l’entreprise. En constante évolution, elles ont à cœur de s’adapter aux multiples demandes clients. Présentation. Le rôle des bases logistiques est indispensable : elles réceptionnent les produits en provenance des usines, les stockent et les réexpédient vers les entrepôts clients. Exception européenne, Danone est la seule laiterie à posséder 8 structures en propre. Le système assure réactivité et souplesse pour répondre aux attentes des clients et s’adapter aux évolutions. Contact privilégié des clients Les 8 bases logistiques diffèrent en taille. Les volumes de produits qui y transitent varient tout autant. Par exemple, la base de Chaponnay, la plus grande du réseau, gère jusqu’à 100 000 tonnes de produits par an quand d’autres ne traiteront que 50 000 tonnes. Contact privilégié auprès des clients, chaque base logistique travaille à répondre à leurs exigences au quotidien.

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Réactivité et anticipation Et c’est le principal défi que rencontrent les bases logistiques : les procédures de commandes sont aussi diversifiées que les points de livraison. En effet, en fonction de sa propre organisation interne, chaque client a ses propres exigences de préparation et de livraison des palettes. Contrainte supplémentaire : les commandes, et donc le volume d’activité, ne sont connues qu’au jour le jour. À chaque base donc d’être réactive pour satisfaire ses clients tout en maintenant un coût de fonctionnement compétitif. La relation client est d’ailleurs devenue essentielle pour développer des relations de partenariat et s’adapter au mieux aux propres contraintes du client.

La base de Chaponnay gère jusqu’à 100 000 tonnes de produits par an.

Lesquin Paris Nord Metz

Des exigences client accrues

Paris Sud

Tours

Chaponnay

Virginie Martin et Vincent Nys, responsables respectifs des bases logistiques de Chaponnay et de Lesquin, témoignent de l’évolution de leur activité.

Toulouse

Aix en Provence

Constatez-vous une évolution de votre activité ces dernières années ?

Concrètement, qu’avez-vous amélioré sur vos bases respectives ?

Virginie Martin : Cela nous oblige à nous améliorer. Notre

V. M. : Nous utilisons les méthodes de Lean Management* pour trouver des pistes d’amélioration continue. En appliquant cette méthode, nous avons par exemple réduit le temps consacré aux tâches administratives. Autre piste d’amélioration, nous comparons nos pratiques avec d’autres centres logistiques européens pour reproduire leurs bonnes pratiques dans nos bases.

expertise logistique et notre relation client sont d’ailleurs devenues des atouts concurrentiels forts sur un marché très disputé.

Vincent Nys : Oui, les exigences de nos clients se sont fortement accrues. À nous de les transformer en atouts. Toutes les bases ont ainsi gagné en productivité.

V. N. : Nous essayons d’adapter notre activité

Comment travaillez-vous avec vos clients ? V. M. : La relation client est essentielle à notre fonctionnement.

Nous organisons des rencontres et nous sommes force de proposition sur la prise en charge logistique de leurs commandes. Ainsi, entre leurs attentes et nos obligations de fonctionnement, nous trouvons ensemble un compromis acceptable pour les deux parties.

V. N. : Il ne doit pas y avoir de rupture de stock dans les magasins et pas de surstock chez nous. Heureusement, comme le souligne Virginie, nous connaissons parfaitement nos clients et un travail commun répond souvent aux attentes des deux parties. Pour tenter d’anticiper leurs commandes, nous avons accès au détail des produits vendus en magasin et nous utilisons un logiciel de prévision.

à notre volume de commandes en jouant par exemple sur le nombre de chariots préparés ou encore sur les heures d’ouverture de la base. Chaque poste de dépense compte, aussi les dépenses d’énergie ont été réduites grâce à l’installation d’ampoules LED. À terme, la mécanisation de certaines tâches pourrait nous aider à augmenter la performance tout en préservant la santé des opérateurs.

Vous avez travaillé tous les deux à la Direction Lait. Quel parallèle entre votre activité et le métier d’éleveur ? V. M. : Le niveau d’exigence des clients augmente

Virginie Martin, Responsable de la Base de Chaponnay

pour les éleveurs comme pour nous. Chacun d’entre nous doit trouver des moyens pour y répondre de façon intelligente avec un moindre coût.

V. N. : Éleveurs, usines, bases logistiques : nous

sommes tous dépendants du consommateur. Lui-même recherche des produits très qualitatifs sans pour autant augmenter son budget alimentation. L’intégralité de la chaîne de production doit intégrer cette contrainte en augmentant son efficacité avec les mêmes facteurs humains.

* Lean Management : gestion de la production basée sur la rationalisation de chaque étape d’un processus.

Vincent Nys, Responsable de la Base de Lesquin LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017 #

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LE DOSSIER

Chiffres clés

25 %

Profil des éleveurs français Féminisation 25 % des exploitations agricoles françaises sont, en 2011, dirigées par des femmes (celles-ci n’étaient que 8% en 1970).

30 %

Source : Ministère de l’Agriculture, MSA

sous forme sociétaire

Pyramide des âges

(GAEC/EARL)

Sources : RICA / France Agri Mer/ Enquête Annuelle Laitière 2014

Les chefs d’exploitation laitière de moins de 40 ans :

38 %

22,5 %

en 2000

L’organisation du travail

en 2013

Sources :Données issues de l’observatoire des élevages laitiers. Institut de l’Élevage avec le soutien financier du CNIEL

Main d’œuvre salariée Entre 2010 et 2013, la proportion de main d’œuvre salariée passe de 12,9% à 17% dans les exploitations laitières françaises.

12,9%

en 2010

17% en 2013

Sources : Données issues de l’observatoire des élevages laitiers. Institut de l’Élevage avec le soutien financier du CNIEL

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LE DOSSIER

Installation

11 972 installations en 2014 (hors transfert entre époux)



Formation des producteurs

17 %

Jeunes agriculteurs

25 %

30 %

en élevage bovin

aidées

des installations des installations hors cadre familial Sources : MSA, Agreste

des chefs d’exploitation

en France ont un diplôme d’études supérieures, contre 11% seulement en 2000.

39 %

des jeunes exploitants agricoles de moins de 40 ans, en 2013, ont suivi des études supérieures Source : SSP - Agreste - Enquête sur la structure des exploitations agricoles 2013

Éleveurs connectés Internet En 2015, pour leur activité agricole :

79%

des agriculteurs utilisent internet régulièrement

37 %

81%

consultent internet au moins une fois / jour

Source : Alim’Agri-Les défis de l’agriculture connectée dans une société numérique / Renaissance numérique nov 2015

Réseaux sociaux En 2016, 37% des agriculteurs utilisent les réseaux sociaux (27% en 2014) Source : Étude Agrinautes, BVA, TicAgri

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REPORTAGE

Voir la vidéo sur danone-lait.com

Retrouvez ce témoignage en vidéo sur : www.danone-lait.com

Expériences complémentaires

Solidarité et organisation Mickaël Bonnault et Guillaume de Crozant, deux anciens contrôleurs laitiers, se sont installés en 2015 hors du cadre familial à Blandin en Isère. Une bonne occasion d’appliquer à leur exploitation les conseils de gestion qu’ils prônaient auprès de leurs adhérents.

“D

e l’exploitation, on peut voir le Mont-Blanc”. Mickaël Bonnault et Guillaume de Crozant, les deux associés du Gaec de Soivieux, ne boudent pas leur plaisir d’avoir quitté leurs régions natales pour s’installer dans ce cadre horsnorme. C’est le hasard, agrémenté d’une bonne dose de courage, qui les a conduits sur cette exploitation en plein cœur de l’Isère. Mickaël Bonnault, originaire du Loiret, est fils d’exploitant. Son BTS et son Certificat de spécialisation l’ont emmené loin de chez lui au gré de ses différentes expériences professionnelles. “Conseiller en Chambre d’Agriculture puis technicien au Contrôle Laitier, j’ai toujours souhaité m’installer mais pas sur l’exploitation familiale”. Guillaume de Crozant n’est pas non plus natif de l’Isère. L’école d’ingénieur a été pour lui l’occasion de découvrir l’élevage laitier et pendant 2 ans, il devient le collègue de Mickaël Bonnault au Contrôle Laitier.

Règles de vie

L’opportunité de s’installer se présente en 2015 quand un de leurs adhérents met en vente son exploitation. Conscients de l’opportunité, les deux futurs partenaires discutent d’une possible association. “Nous avons beaucoup échangé avant de nous décider. Il nous fallait partager la même vision du métier et définir des règles de vie”. De leur discussion débouchent trois grandes lignes stratégiques. Première règle, chacun s’octroie un week-end sur deux et quatre semaines de congés annuel : “Car avoir du temps pour sa vie de famille, c’est essentiel pour durer dans le métier” explique Guillaume de Crozant. Autre résolution : chaque investissement doit améliorer la rentabilité de l’exploitation et à terme le revenu. Enfin, les deux associés souhaitent se tourner vers un mode d’élevage basé sur l’herbe : “Ici, nous avons de l’herbe. Autant la valoriser ! Mais il faudra adapter le troupeau et l’exploitation à cette nouvelle conduite”.

"La maîtrise de la technique n’est pas suffisante pour pérenniser son exploitation. La gestion économique est tout aussi importante."

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REPORTAGE Gaec de Soivieux

• Mickaël Bonnault et Guillaume de Crozant • Exploitation à 600 m d’altitude • 693 000 litres de lait • 66 vaches laitières • 79 hectares (ha) de surface agricole dont 25 ha de prairies temporaires, 25 ha de prairies permanentes, 22 ha de maïs et 7 ha de céréales.

Solidarité et organisation

Sur la même longueur d’ondes, les deux collègues se positionnent pour un rachat. Tout va très vite : ils entament les démarches administratives fin 2014 et s’installent officiellement en mars 2015. Les chantiers sont nombreux : il faut construire un bâtiment pour les génisses et préparer le troupeau à une alimentation plus herbagée. Pour augmenter la part de pâturage dans l’alimentation, les producteurs installent des clôtures sur les parcelles et travaillent sur la composition variétale de chaque prairie. “Une transition de 8 à 9 ans sera nécessaire pour obtenir un troupeau et un parcellaire qui conviennent à nos objectifs et à notre mode de production”. Cheville cassée, fosse détériorée les aléas s’enchaînent mais les deux associés sont solidaires et organisés. “C’est l’avantage d’être à deux, on peut se soutenir et se relayer plus facilement” souligne Guillaume. Ils bénéficient également du bon accueil des agriculteurs voisins. “L’intégration a été d’autant plus facile que nous intervenions dans ces élevages en tant que conseillers”.

Chefs d’entreprise

Les deux éleveurs établissent un planning prévisionnel hebdomadaire et se concertent tous les matins pour échanger sur le travail à effectuer dans la journée. De leur passé de contrôleurs laitiers, ils gardent une expérience du terrain qui leur sert au quotidien. “Travailler à l’extérieur avant de s’installer, c’est une chance” insiste Guillaume. “À nous deux, nous connaissons près de 100 exploitations qui sont autant d’exemples pour nous”. Malgré leurs formations et leurs expériences solides du terrain, Mickaël Bonnault et Guillaume de Crozant restent humbles et savent

combien les erreurs de routine sont faciles. “Pas question de se passer d’un contrôleur qui aura plus de recul que nous qui sommes tous les jours sur l’exploitation”. Mais la maîtrise technique n’est pas leur seul cheval de bataille. “Un agriculteur est un chef d’entreprise à part entière. Il faut gérer des investissements, trouver un équilibre économique et prendre des décisions en fonction” explique Mickaël. “Par exemple, nous sous-traitons une partie des travaux des champs pour consacrer plus de temps à notre troupeau, notre priorité. Livrer un lait de qualité et en quantité suffisante sur toute l’année à Danone, cela doit rester notre premier objectif”.

Agroécologie et démarche environnementale

Grâce à leurs anciennes activités professionnelles, les deux producteurs abordent la transition à l’herbe avec beaucoup de sérénité. Cette démarche agro-écologique est d’autant plus nécessaire qu’une partie de leurs terres se situe près du captage d’eau de Reytebert. Avec d’autres agriculteurs, ils ont créé un GIEE* pour maintenir la qualité de l’eau potable. “Il nous fallait mettre en place des systèmes herbagers favorables au maintien de la qualité de l’eau du captage et tout aussi rentables que la production de cultures de vente” explique Mickaël. “Le GIEE nous a permis de mutualiser les connaissances et le matériel pour développer des solutions agro-économiques pertinentes pour l’ensemble des producteurs associés au projet”. Par conviction, le Gaec a choisi d’appliquer cette gestion à l’ensemble de ses terres. Conscients des enjeux environnementaux que porte leur profession, ils ont choisi de réaliser prochainement l’audit Cap’2ER. “Nous espérons que l’audit nous permettra d’aller plus loin dans cette démarche verte et réduire notre empreinte carbone”.

*G  roupement d’intérêt économique et environnemental

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LA VIE DES RÉGIONS

Sud Ouest

Une équipe d’ambassadeurs à Villecomtal Depuis 2012, l’usine de Villecomtal-sur-Arros a mis en place une équipe “d’ambassadeurs”. Objectif : valoriser l’usine et ses produits en faisant découvrir le site aux personnes extérieures. Composée de 7 salariés de différents métiers, l’équipe se réunit une fois par mois afin de mettre à jour les supports de communication et d’assurer les visites l’après-midi. Une salle est dédiée à l’accueil des visiteurs. Chaque visite démarre par une présentation de l’entreprise Danone, de l’usine et de la fabrication du yaourt, via un film. Après avoir rappelé les consignes de sécurité et équipé les visiteurs d’équipements de protection individuelle, la visite se fait en suivant le chemin du lait et se termine par une dégustation. En 2016, 290 personnes ont été accueillies dans le cadre de ces visites : principalement du public scolaire de la région. Depuis le début 2017, plus de 200 personnes sont venues en visite et le planning est complet jusqu’à la fin de l’année ! Les

ambassadeurs ont également pour mission de visiter des entreprises régionales afin de partager de bonnes pratiques sur la communication, la sécurité et l’accueil. Une autre façon de représenter l’entreprise Danone.

Normandie

Une formation aux médecines alternatives En avril dernier, une formation d’initiation aux médecines alternatives en élevage a eu lieu chez Laurence Gilbert

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# LACTEUR , magazine des producteurs de lait Danone Juillet 2017

du Gaec du Hameau du Puits à Cerisy la Forêt (Manche), productrice Danone. Une quinzaine d’éleveurs et candidats à l’installation (fermes conventionnelles et bio) y ont participé. Catherine Roffet, docteur vétérinaire, a présenté l’homéopathie, l’aromathérapie et la phytothérapie. Autant de médecines alternatives qui peuvent être utilisées en élevage dans un souci de lutte contre l’antibiorésistance, de réduction des frais vétérinaires, de reprise en main de la santé de ses animaux... Organisée par AgroBio BasseNormandie, cette formation a apporté des éléments théoriques et pratiques avec des exemples de protocoles sur les pathologies les plus fréquentes du troupeau laitier. Pour mieux visualiser l’approche à adopter sur sa ferme, le groupe de participants a effectué une visite de l’élevage afin de voir les pratiques déjà mises en place.

LA VIE DES RÉGIONS

Nord

Un groupe de productrices Danone réunies à Bailleul En avril 2017, l’usine de Bailleul a accueilli un groupe de huit productrices Danone. Les échanges et les questions ont porté sur la qualité du lait et la sécurité alimentaire. L’occasion de comprendre de part et d’autre l’importance des engagements de chacun. Ce groupe d’agricultrices se retrouve régulièrement dans leurs exploitations à tour de rôle. Il a été constitué sur le secteur des Flandres il y a 3 ans par Mme Sys, productrice à Bailleul, avec le concours de l’organisme de développement agricole, Avenir Conseil

Élevage. Son objectif est de proposer des formations mais aussi de créer de la cohésion et du relationnel entre exploitantes. Ces dernières apprécient de partager leurs pratiques professionnelles mais aussi d’échanger sur leurs rôles au sein de l’exploitation C’est à chaque fois l’occasion de prendre un peu de recul et de partager un moment de convivialité. Les thèmes abordés sont multiples : la technique, la sécurité ou encore l’organisation administrative.

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REPÈRES

Acquisition Whitewave :

de nouveaux marchés pour Danone En avril 2017, Danone a finalisé le rachat du leader américain des produits d’origine végétale et du bio, WhiteWave. Un rapprochement bénéfique pour ces deux entreprises aux valeurs convergentes et aux marchés complémentaires.

E

n avril dernier, Danone a officialisé l’acquisition de WhiteWave. Leader sur le marché américain, WhiteWave commercialise des produits d’origine végétale et biologique. Si les produits laitiers sont au cœur de la stratégie de Danone, cette acquisition offre une plus large gamme de produits complémentaires. Elle répond aux attentes d’une catégorie de consommateurs à la recherche d’un plus grand choix d’aliments et de boissons adaptés à de nouveaux moments de consommation.

Des marchés qui se complètent

Cette nouvelle tendance alimentaire est un marché qui s’est fortement développé ces dernières années aux ÉtatsUnis. Ce rapprochement permettra à Danone de développer un portefeuille de produits laitiers et d’origine végétale de premier plan au niveau mondial. Danone doublera sa taille en Amérique du Nord. L’entreprise opérera sous le nom de DanoneWave en Amérique du Nord. En Europe, WhiteWave est représenté par la marque Alpro qui détient plus de 40 % du marché des produits d’origine végétale.

Alimentation tournée vers la santé

Outre des marchés qui se complètent, WhiteWave et Danone partagent une vision commune de l’alimentation. Produits laitiers, nutrition médicale, nutrition infantile, Danone s’est orienté vers des segments de marché tournés vers l’alimentation. En étoffant ses gammes avec de nouveaux produits, Danone augmente son offre d’aliments auprès de consommateurs de plus en plus désireux d’allier santé, nutrition et plaisir.

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# LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017

Production durable

Le développement durable est une valeur forte et commune aux deux entreprises qui s’engagent à promouvoir l’économie circulaire pour préserver les ressources de la planète. Les priorités majeures sont l’amélioration et le recyclage des emballages, la gestion des ressources en eau, le respect des écosystèmes et la promotion d’une agriculture durable.

Compétences communes

Enfin, les deux entreprises vont pouvoir mettre en commun leurs compétences et leurs expertises pour mieux servir les consommateurs et clients et augmenter leur capacité d’innovation dans un marché en pleine évolution.

Quelques exemples de produits sur le marché américain

REPÈRES

Positions de Danone sur le marché (en valeur)

#1

#1

#2

#3*

Produits laitiers

Nutrition médicale

Nutrition infantile

Eaux

#1 Produits d’origine végétale

* N°2 en volume

La répartition géographique des ventes de Danone (sur la base du chiffre d’affaires net 2016) En % Avant l’acquisition

Après l’acquisition

ALMA*

Europe

8%

CIS**

13%

Amérique du Nord

35%

35%

ALMA*

Europe

6%

CIS**

25%

Amérique du Nord

Source : Danone

40%

39%

* Amérique Latine, Moyen-Orient, Afrique ** Communauté des États indépendants

LACTEUR LACTEURN°15, N°16,magazine magazinedes desproducteurs producteursde delait laitDanone Danone••Février Juillet 2017 #

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REPÈRES

Salon de l’Agriculture 2017 Retour sur le stand Danone

Point de convergence entre producteurs, consommateurs et intervenants des filières agricoles, le Salon de l’Agriculture 2017 a permis à plus de 40 000 visiteurs de découvrir l’ensemble des activités françaises de Danone et les trois marques phares : Danone, Blédina et Volvic.

L

ors de la 54e édition du Salon de l’Agriculture, Danone Produits Frais France, Blédina et Danone Eaux France se sont regroupés sur un même stand. Un espace, un univers et un discours communs pour expliquer au grand public l’ancrage régional et l’engagement des marques Danone, Blédina et Volvic en faveur de l’agriculture, de la planète et d’une bonne alimentation.

Des producteurs ambassadeurs sont venus présenter leur métier

Comprendre le métier d’éleveur

Pendant 9 jours, toute l’équipe Danone Produits Frais France s’est mobilisée pour mettre en avant la qualité du lait et la relation de proximité avec les éleveurs. Entre jeux, échanges et dégustation, les visiteurs ont ainsi pu découvrir toutes les étapes de fabrication de leurs yaourts et desserts lactés préférés. Ils ont également pu poser toutes leurs questions aux producteurs ambassadeurs venus présenter leur métier. Un moment de dialogue apprécié de tous ! Et la réussite de ces échanges est importante car comme l’explique Jean-Luc Poulain, agriculteur et président du salon : “le Salon de l’Agriculture, c’est une formidable opportunité d’informer et d’impliquer les consommateurs sur les grands enjeux des filières agricoles”.

Danone entre officiellement dans la démarche de la filière ”Ferme Laitière Bas Carbone”

Collaboration constructive

Autres temps forts pour Danone Produit Frais France  : la rencontre entre les représentants d’Organisations de Producteurs (OP) et des dirigeants de Danone organisée au Salon de l’agriculture. Ces échanges, synonymes d’une collaboration constructive avec les intervenants de la filière, ont été suivis de la visite du stand et de la signature officielle avec l’Institut de l’élevage de l’entrée de Danone dans la démarche de la filière “Ferme Laitière Bas Carbone”.

Rencontre entre les représentants d’OP et des dirigeants de Danone

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# LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017

PARLONS-EN Émilie Gillet, responsable Qualité, Sécurité et Environnement Lait chez Danone.

Objectif :

0 accident en exploitation Pour limiter les incidents et les accidents de toute personne intervenante en exploitation, la prévention et la vigilance sont de mises. Retour sur les principaux points clés sécurité avec Émilie Gillet, responsable Qualité, Sécurité et Environnement Lait chez Danone.

L

a sécurité des Hommes est au cœur des préoccupations de Danone. L’objectif est clair : tendre vers le 0 accident et pour cela réduire le risque pour l’ensemble des intervenants de la chaîne de production. Émilie Gillet est responsable Qualité, sécurité et environnement pour la Direction Lait. À ce titre, elle est en charge de la sécurité entourant l’approvisionnement en lait, de l’exploitation laitière à la porte de l’usine. “Producteurs, salariés, personnel Danone : la sécurité est l’affaire de tous !” insiste-t-elle. “Les recommandations Danone ont été élaborées pour assurer la sécurité de nos collaborateurs en exploitation mais sont aussi valables pour tout autre intervenant”. De l’entrée de l’exploitation jusque dans la laiterie, les points clés de sécurité sont bien connus des producteurs notamment pour permettre la collecte du lait. Cependant, attention à ne pas relâcher sa vigilance ! Des abords dégagés La manipulation d’un camion et d’une citerne n’a rien d’aisé. Pour entrer dans la ferme, la manœuvre se réalise parfois en partie sur la chaussée. Il est donc essentiel que les abords soient dégagés pour éviter une manœuvre susceptible de gêner la circulation. “Une manœuvre dangereuse sur la voirie, c’est un risque accidentogène accru” souligne Émilie Gillet. “Ces précautions sont valables pour les citernes Danone mais aussi pour tout autre poids lourd qui entre sur le site : tracteurs, transport d’animaux, livraison d’aliment”. Si la grande majorité des exploitants ont aménagé leurs abords, et signalé l’entrée de la ferme, l’entretien de l’accès est tout aussi important : “Pluie ou neige, le sol devient rapidement glissant. Attention donc à avoir une voirie adaptée, propre, durable et dans l’idéal goudronnée. En été, une végétation mal entretenue peut bloquer la visibilité et s’avérer contraignante”.

Un accès à la laiterie propre et sécurisé Arrivé à la laiterie, le camion-citerne doit pouvoir se garer assez près du bâtiment pour atteindre facilement le tank. Pour cela, il doit exister une aire de stationnement avec un sol propre stabilisé et une aire de pompage bétonnée. “Il faut s’imaginer que l’opérateur agit en tout temps et par tout temps. Tout élément qui rendrait l’accès au chauffeur difficile comme des pentes trop raides, ou de l’eau qui s’écoule du toit à cause de l’absence de gouttières augmente le risque de glissades et donc de blessures”. De même, gare au chien qui, s’il défend l’accès à l’exploitation, ne fait pas la distinction entre un chauffeur et un intrus. Une laiterie fonctionnelle Souvent, les producteurs prennent en compte l’emplacement du tank et la praticité d’accès à la conception de bâtiment neuf. “Dans le cas d’une extension ou d’une rénovation, nous sommes conscients que c’est parfois plus complexe“ concède Émilie Gillet. “Cependant, l’opérateur doit pouvoir contourner facilement le tank à lait”. Et un sol encombré ou glissant peut s’avérer dangereux. “Récemment, un de nos opérateurs s’est foulé la cheville en trébuchant sur du matériel entreposé à proximité du tank” témoigne Émilie Gillet. “Les audits abordent l’ensemble de ces points de sécurité mais il faut vérifier régulièrement que rien ne vienne entraver la collecte de lait. En cas de doute, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre ARP. Vous pouvez aussi le contacter pour prévenir d’un risque ponctuel sur votre exploitation notamment en cas de travaux.”

Depuis début 2017 • 21 incidents, dont 8 en exploitation • 1 accident en exploitation

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LA VIE DES USINES

St-Just-Chaleyssin

30 ans, ça se fête ! En 2017, l’usine Danone de St Just Chaleyssin dans l’Isère, fête ses 30 ans. Pour célébrer cet anniversaire, le site a ouvert ses portes les 19 et 20 mai derniers. Le personnel de l’usine a accueilli plus de 80 visiteurs le vendredi. Le comité de direction de Danone Produit Frais France, des représentants de la commune de Saint Just Chaleyssin, des élus, des partenaires locaux, d’anciens dirigeants de l’usine ont pu visiter le site. Les représentants des organisations de producteurs de l’association laitière Jura Bresse et de Danone Sud Est étaient également au rendez-vous.

500 personnes

Le samedi : place aux familles ! La journée ouverte au public était un rendez-vous particulièrement attendu par l’ensemble des salariés. Et ce fut un succès car 500 personnes étaient présentes pour visiter l’usine. Les collaborateurs de St Just ont fait découvrir avec fierté leur quotidien et leurs métiers à leurs familles et amis. Sous un soleil généreux, la journée s’est déroulée dans une ambiance conviviale et décontractée. Plusieurs activités ont rythmé le parcours de visite pour le plaisir des petits et des grands.

Ambassadeurs

La production laitière était également bien représentée. Les Cniel et Criel (Centre national et Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière) ont mis à disposition une salle de traite mobile, une fontaine à lait et une exposition à destination des enfants « Le monde de Lisette ». Sébastien Bihi, du Cniel, était présent pour animer ce stand. André Lassalle, producteur ambassadeur associé du Gaec aux Pis de By, a également souhaité participer à l’événement en répondant à toutes les questions que se posaient les familles sur son métier d’éleveur. Il a particulièrement apprécié ce moment d’échanges et l’esprit d’équipe qui a régné tout au long de la journée.

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# LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017

LA VIE DES USINES

Villecomtal

Danone Communities : mission au Sénégal Danone Communities est un fonds qui soutient 9 entreprises sociales dans le monde pour lutter contre la malnutrition et favoriser l’accès à l’eau potable. Mélodie Souriac, apprentie production et qualité à l’usine de Villecomtal, s’est rendue dans l’une d’elles : la Laiterie du berger au Sénégal. Sa mission : aider le personnel de la laiterie à monter en compétence sur des problématiques de qualité. Son collègue, Alain Dumestre, responsable maintenance opérationnelle a, lui, assuré une mission technique là-bas. Ils font part tous deux d’une expérience humaine, professionnelle et culturelle inoubliable. Nicolas Bosson, responsable ressources humaines de Villecomtal, garde également un souvenir très positif sur cette expérience. Source : Danone Communities

Bailleul

Un succès pour la Journée des jeunes À l’occasion de la Journée des jeunes, la laiterie de Bailleul a accueilli un groupe d’élèves du collège Maxime Deyts. Les collégiens ont ainsi pu découvrir l’usine et toutes les facettes de la production de yaourts. Ils ont aussi eu un aperçu de l’ensemble des compétences nécessaires à la production de produits. 260 salariés travaillent sur le site qui produit 182 000 tonnes de produits laitiers frais par an. Danone a ouvert 7 sites en France (usines de produits laitiers, alimentation infantile…) lors de cette journée nationale avec une volonté d’aider les jeunes à construire leur projet professionnel.

Pays de Bray

Échanges constructifs sur le terrain En juin dernier, trois membres de la Direction Commerciale de Danone Produits Frais France, dont Philippe Lamboley, son directeur commercial, sont allés à la rencontre des producteurs en Normandie. Accompagnés par l’équipe de la direction Lait Normandie, ils se sont immergés dans le quotidien d’Aline et Sébastien Catoir, producteurs de lait à Conteville, puis ont rencontré les représentants de l’Organisation de Producteurs de Haute Normandie. Au centre de ces échanges : la réalité des mondes dans lesquels chaque partie évolue, les enjeux de la filière laitière, les problématiques et défis auxquels la direction commerciale est confrontée chaque jour. Chacun est ressorti grandi de ces échanges et prêt à les reconduire. Ainsi, l’équipe commerciale est repartie forte de nouveaux arguments qui lui permettront de valoriser toujours plus la qualité des produits auprès de ses clients.

La Direction lait était ravie de présenter ses métiers et ses actions en France pour construire une relation durable avec les producteurs de lait.

LACTEUR N°16, magazine des producteurs de lait Danone • Juillet 2017 #

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LACTEUR16

#16 - Juillet 2017 LE DOSSIER PARCOURS D’HOMMES ET DE MÉTIERS : FAIRE DIFFÉREMMENT ÉDITO P. 3 LE DOSSIER P. 4 à 17 Parcours d’hommes et de métier...

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